Plantes en pot sur la terrasse : les erreurs qui coûtent une saison

Plantes en pot sur la terrasse : les erreurs qui coûtent une saison

En septembre, les terrasses racontent souvent la même histoire : un laurier-rose jauni, une lavande grise et dégarnie au centre, une jardinière de géraniums qui a fleuri trois semaines avant de s’arrêter. On accuse l’arrosage, la canicule, la jardinerie. Bien souvent, pourtant, le sort de ces plantes s’est joué le jour de la plantation, avec des erreurs qui ne se voient pas en mai.

Acheter la plante pour sa taille en jardinerie

Un photinia ou un laurier-tin vendu en pot de trois litres mesure une quarantaine de centimètres. En pleine terre, il deviendra un arbuste de plusieurs mètres ; en bac, il restera plus modeste, mais réclamera vite bien plus de place que son petit pot de départ. À l’inverse, pour obtenir un effet immédiat, on serre trop les plantes dans une même jardinière, et elles se disputent l’eau et la lumière dès le mois de juillet.

Le bon réflexe consiste à lire sur l’étiquette la hauteur et la largeur adultes, puis à raisonner avec ces chiffres plutôt qu’avec ce que l’on a sous les yeux. Certains services de paysagiste 3D en ligne représentent d’ailleurs chaque plante à sa taille réelle sur le plan de la terrasse, ce qui évite de découvrir au bout de deux ans qu’un arbuste masque la vue ou gêne l’ouverture de la porte-fenêtre.

Un pot sans trou, ou une soucoupe toujours pleine

Les racines ont besoin d’air autant que d’eau. Un cache-pot sans trou d’évacuation, ou une soucoupe où l’eau stagne en permanence, asphyxie les racines en quelques semaines. Les plantes méditerranéennes, lavandes et romarins en tête, n’y résistent pas.

Contrairement à une idée reçue, la couche de billes d’argile ou de graviers au fond du pot n’arrange rien. L’eau ne passe d’un matériau fin à un matériau grossier qu’une fois le premier saturé : la zone détrempée remonte donc simplement au-dessus des billes, là où se trouvent les racines. Un trou bien dégagé, un substrat de qualité et une soucoupe vidée après chaque grosse pluie font beaucoup mieux.

L’erreur inverse existe aussi : arroser un peu tous les jours. Le fond de verre quotidien ne mouille que les premiers centimètres, les racines restent en surface et la plante devient incapable de supporter la moindre journée chaude. Mieux vaut arroser moins souvent, mais jusqu’à ce que l’eau ressorte par le trou du fond.

Remplir les bacs avec la terre du jardin

Elle paraît gratuite et pleine de vie. En pot, elle se tasse, durcit en séchant et devient presque imperméable. Un terreau prévu pour les plantes en bac, plus structuré qu’un terreau universel, garde sa porosité plusieurs saisons. Les plantes de terre acide, camélias, azalées ou hortensias dont on veut garder le bleu, demandent de la terre de bruyère : dans un substrat calcaire, leurs feuilles jaunissent entre les nervures, signe d’une chlorose.

Associer des plantes qui ne boivent pas pareil

La jardinière lavande et hortensia est un classique des photos d’inspiration, et un échec presque assuré. L’une veut un sol sec et pauvre, l’autre un sol frais en permanence. Quel que soit le rythme d’arrosage choisi, l’une des deux souffrira. Regroupez dans un même contenant des plantes qui partagent les mêmes besoins en eau et en lumière, et réservez les associations contrastées à des pots séparés, posés côte à côte.

Planter au mauvais moment

Le premier week-end ensoleillé de mai, les jardineries sont prises d’assaut. C’est le bon moment pour les plantes sensibles au gel, géraniums, surfinias, sauges annuelles. Pour les arbustes et les vivaces rustiques, l’automne est préférable : la terre encore tiède permet aux racines de s’installer avant l’hiver, et la plante aborde son premier été avec un système racinaire déjà en place. Planter un olivier en juin, c’est l’obliger à affronter les fortes chaleurs avec la seule motte du pépiniériste pour réserve.

Oublier qu’en pot, les racines n’ont aucune protection

En pleine terre, les racines sont isolées du froid par le sol. Dans un pot, elles ne sont séparées de l’air glacé que par quelques centimètres de paroi. Une plante dite rustique peut donc souffrir en bac lors d’un hiver qu’elle aurait traversé sans dommage au jardin. Les premiers froids venus, regroupez les pots contre un mur abrité, surélevez-les pour qu’ils ne baignent pas dans l’eau gelée, et entourez les plus exposés d’un voile d’hivernage ou d’une toile de jute. C’est le contenant qu’il faut protéger, bien plus que le feuillage.

Gardez enfin les étiquettes, et notez au dos la date et l’emplacement de plantation. Au printemps suivant, quand il faudra comprendre pourquoi une plante a prospéré et sa voisine non, ces quelques lignes vous éviteront de reproduire la même erreur.